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Ulysse from Bagdad - Couverture

Ulysse from Bagdad

Eric-Emmanuel Schmitt

Janvier 2009

Mon, 19 Jan 2009 12:00:00

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Heureusement que c'est romancé

J'ai adoré dès les premières pages, j'ai crains pour lui, j'ai anticipé la honte de nous.

Ce récit édulcoré d'un migrant d'Irak vers l'Angleterre m'a permit de mettre un pied dans le sujet.

Néanmoins, si le but de ce roman est d'être positif et résolument tourné vers l'espoir, on est loin, je pense, de la réalité à laquelle ma conscience a été sensibilisé via ce livre.

Et attention, si je parle d'histoire édulcorée, ce n'est pas que le héros ne souffre pas. Dictature, guerre, deuil, injustice, esclavagisme, humiliation, emprisonnement, épuisement... il a son lot et plusieurs fois. Non, si je crois que l'aventure est "allégée", c'est qu'à mon avis, pour beaucoup, c'est bien pire.

Mais ce roman d'Éric-Emmanuel Schmitt, on le voit bien à la fin, n'a qu'un souhait : choisir l'espoir plutôt que la tristesse.

Un observateur extérieur n'aurait pas eu tord de qualifier d'"hystérique" le fonctionnement de la maison Saad, à condition qu'il inclue le bonheur intense procuré par l'hystérie.

De ce jour, j'attrapais le goût de la lecture, ou de la liberté - ce qui s'équivaut - et employai mon adolescence à repérer le bourrage de crâne idéologique qu'on nous infligeait au lycée, à m'en protéger, tentant d'apprendre à penser de façon distincte, par moi-même.

Comme nous avions conscience d'être dans le pétrin, dessaisi du pouvoir de décision, nous nous contraignions à l'optimisme, unique acte qui dépendait encore de notre volonté.

C'est le propre des intellectuels. S'ils ne disent pas toujours la vérité, ils disposent toujours d'une fiction.

Ces derniers siècles, les Européens, ils sont allés un peu partout, ils ont fondé des commerces un peu partout, ils ont volé un peu partout, ils ont creusé un peu partout, ils ont construit un peu partout, ils se sont reproduits un peu partout, ils ont colonisé un peu partout, et maintenant, ils s'offusqueraient qu'on vienne chez eux ? Mais je n'en crois pas mes oreilles ! Leur territoire, les Européens, ils sont venus l'agrandir chez nous sans vergogne, non ? Ce sont eux qui ont commencé à déplacer les frontières. Maintenant, c'est notre tour à nous, va falloir qu'ils s'habituent, parce qu'on va tous venir chez eux, les Africains, les Arabes, les Latinos, les Asiatiques. Moi, à la différence d'eux, je ne traverse pas la frontière avec des armes, des soldat ou la noble mission de changer leur langue, leurs lois, leur religion. Non, moi, je n'envahis pas, je ne veux rien transformer, je veux juste dégoter un petit espace pour m'y blottir.

Une citation au hasard

Je devais avoir trois ans quand j'ai vu Madame Rosa pour la première fois. Avant, on n'a pas de mémoire et on vit dans l'ignorance. J'ai cessé d'ignorer à l'âge de trois ou quatre ans et parfois ça me manque.

La vie devant soi
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