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Tu n'es pas la fille de ta mère - Couverture

Tu n'es pas la fille de ta mère

Elisabeth Quin

Octobre 2007

Thu, 25 Oct 2007 12:00:00

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Tu n'es pas la fille de ta mère

A aucun moment je n'ai eu l'impression de lire un roman.
Peut-être parce que le visage d'Élisabeth Quin était encré sous mes yeux, essayant de lire avec sa voix, ses intonations si particulières lors de ses critiques de films. Peut-être parce que c'était écrit avec tellement d'honnêteté. Peut-être -tout simplement et sûrement- parce que ce n'est pas un roman ; c'est un récit.

Bien sûr, le sujet me touche plus qu'un autre. Bien sûr, je me suis reconnue dans certaines des vérités d'Élisabeth Quin, mais, plus encore, c'est la franchise du récit qui m'a conquise.
Hypnotisée comme face à une amie qui, en toute confiance, me livre ses sentiments aussi intimes que précieux, qu'humains.

Plus qu'une confession, c'est un regard droit dans un miroir. Ni complaisance, ni apitoiement, ni emphase excessive destinée à amuser le lecteur.
Et parfois, au cours du récit, des petites vérités, simples et cruelles, assénées sans façon. Sur l'adoption, sur les sentiments humains, sur la civilisation khmer...

...Et puis j'adore l'illustration de couverture !!!
Et encore plus depuis que j'en connais le titre : My 13th Sad Day (Yoshitomo Nara)


Une petite déception quand même, sans aucune conséquence sur la qualité du livre : une des raisons qui m'avaient données envie de lire ce livre, c'était d'avoir vu Élisabeth Quin faire des critiques de cinéma à la télé. Ses yeux en amande si fascinant, sa diction si précise et le tout pour présenter des textes travaillés au mot près et des critiques sans aucune retenue.
On sentait dans la rédaction de ses critiques une jouissance de la langue française, de la force des références (cinématographiques comme culturelles).
Je regardais une critique de film d'É.Quin, fascinée, ne comprenant qu'un mot sur deux, qu'une idée sur deux, mais néanmoins absorbée par la musique de la langue et la franchise de la critique.
Je n'ai pas retrouvé ça ici.

Des enfants y attendent des parents qui n'en peuvent plus d'attendre des enfants au cœur vacant.

Y a-t-il mieux à faire dans ce monde ensauvagé dont les ressources d'amenuisent, que de puiser dans l'intarissable réserve d'orphelins ? Faut-il vraiment ajouter sa petite pierre biologique à l'édifice surchargé ? Alors oui, l'universel malheur m'arrange, qui me permet de faire passer mes angoisses pour de la lucidité ou de l'altruisme.

Les ouvrières y sont mieux payées qu'un instituteur. Mais tout le monde est mieux payé qu'un instituteur au Cambodge. Même les enfants qui mendient sur les sites touristiques gagnent plus que l'instituteur qu'ils n'auront jamais la chance de chahuter.

Ses grands pieds et leurs étonnantes plantes si roses. On dirait que ses pieds tirent la langue.

Nous sommes vendredi 13 et j'ai la phobie de l'avion. En appuyant alternativement sur la fesse gauche puis sur la fesse droite dans mon fauteuil pendant quarante-cinq minutes, j'équilibre l'aéroplane qui sans cela se retrouverait ventre en l'air, puis en chute libre. Les passagers allemands du vlo de la Royal Air Cambodge ne savent pas qu'ils me doivent la vie.

Une citation au hasard

Changer le style du croquer dedans, c'est comme déguster un nouveau mets.

L'élégance du hérisson
Muriel Barbery

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